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Blog Lettres

Des Poupées Vivantes ?

Par admin jacques-prevert-entrelacs, publié le samedi 8 juillet 2017 15:12 - Mis à jour le samedi 8 juillet 2017 16:03
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Ce bâtiment, qui était en fait une vieille usine de poupées, était entouré de ronces et d’un grillage de barbelés rouillé par le temps.

Comme tous les soirs, il fallait que je promène mon chien, Booba. Je lui mis sa laisse et nous partîmes faire un tour dans les bois.

Je marchais paisiblement, quand, d’un seul coup, mon chien se mit à courir à toute vitesse derrière un lapin blanc. Je le suivis donc, mais je trébuchai sur une pierre et lâchai la laisse. Je m’étais ouvert très largement le genou et mon sang coulait à flot. Je me relevai et je vis mon chien entrer dans un bâtiment, sans doute abandonné. Les fenêtres en étaient cassées et les murs semblaient risquer de s’écrouler à tous moments. Je décidai quand même de partir à la recherche de Booba, malgré ma blessure et ma fatigue. Je ne me sentais vraiment pas bien : j'avais presque des étourdissements, ma vue se troublait. Mais je ne pouvais pas abandonner mon chien. Je m'approchai alors de cette bâtisse pourtant peu engageante.

Ce bâtiment, qui était en fait une vieille usine de poupées, était entouré de ronces et d’un grillage de barbelés rouillé par le temps. J’eus du mal à pénétrer dedans et, une fois rentrée, un noir complet m'entoura. Je m’empressai d’allumer la lampe torche, que j’avais mise dans ma poche avant de partir. Une trentaine de poupées se trouvaient là, alignées sur des chaises en bois, comme si elles s’y étaient mises toute seules, une heure plus tôt pour y faire une bien étrange réunion. Il manquait à chacune d’elle un bras, une jambe, un œil ou bien même la tête entière. Sur chaque tête qui restait , je vis une cicatrices identique qui traversait la joue gauche, comme une sorte de marque de famille. Un sentiment bizarre m'envahit : ces poupées me semblaient tellement vivantes ; un frisson glacée parcourut tout mon corps. Je m’avançai cependant dans le long couloir, avec une boule au ventre, et appelai mon chien d’une voix tremblante.

Tout-à-coup, je crus sentir un frôlement. Je pris peur, mon cœur se mit à battre à mille à l’heure. Ma main transpirante laissa tomber ma lampe au sol. Une sueur froide dégoulina sur mon front. Était-ce mon chien ? Ou était-ce l’une de ces poupées qui paraissaient pouvoir s'animer ? Je ne le savais pas et je ne le sais toujours pas aujourd’hui…

Je ressortis en courant le plus vite possible. Et là, je vis Booba, assis tranquillement sur le chemin de pierre, à peine essoufflé. Il était devant moi, comme s'il m’attendait sagement depuis dix minutes. Je fus à la fois rassurée d’avoir retrouvée mon chien adoré, et à la fois angoissée de penser à ce qui avait pu me frôler la jambe lorsque je le cherchais. Je ne préfère toujours pas le savoir…

 

 

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