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Blog Lettres

L’Enfant

Publié le samedi 8 juillet 2017 15:24 - Mis à jour le samedi 8 juillet 2017 15:24
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Cette nuit-là, alors que j’avais décidé d'aller faire une promenade nocturne en forêt, un terrible orage survint...

Cette nuit-là, alors que j’avais décidé d'aller faire une promenade nocturne en forêt, un terrible orage survint. Une pluie hallucinante se mit aussitôt à tomber. Les éclairs zébraient le ciel noir. Je me mis à courir, affolé, à la recherche d’un abri. Je me heurtai alors aux branches des arbres, aux buissons épineux… Je finis par apercevoir, dans une clairière, une maison qui avait l'air abandonnée depuis longtemps. Je décidai d’aller m’y réfugier pour attendre la fin de cette tempête.

Je rentrai donc dans la demeure en ouvrant la porte à la volée et, après l'avoir poussée, je la claquai derrière moi. Les blessures, causées par ma course folle dans le bois, étaient béantes et dégoulinantes de sang chaud. L’une d’elle, à ma jambe droite, semblait particulièrement grave. Je me sentis soudain très faible et très fatigué, si bien que je tombai à genoux par terre. Je réussis quand même à me traîner jusqu’à un rideau crasseux, en découpai un morceau et le serrai autour de ma jambe pour faire un garrot. Après de longues minutes passées allongé sur le sol humide de cette entrée, je décidai enfin de me lever. Je me mis alors à marcher vers un chandelier, posé étrangement au sol et rempli de toiles d’araignées. Je l’allumai. Il me sembla alors ressentir une présence derrière moi. Je me retournai vivement. Rien ! Personne ! Je pris donc le chandelier pour m’éclairer et me rassurer.

L’entrée était totalement vide, mais, un peu partout, de grands lambeaux de tapisserie arrachés pendaient et d’énormes trous perçaient les murs. Je m’engageai dans un couloir, au fond duquel j’aperçus ce qui était sûrement des escaliers ; je pris la décision de monter à l'étage, pour trouver un lit et m'y reposer.

Je commençais alors à monter, quand je crus entendre des rires d'enfants. Étaient-ce des gamins qui jouaient au loin, ou cachés dans la maison ? Ou autre chose ?... Au même moment, je baissai les yeux. Sur les marches, je vis des jouets que je n'avais pas remarqués quelques secondes plus tôt. A cet instant précis, je sentis mes entrailles se tortiller dans mon ventre. Etais-je en train de devenir fou ? Je continuai d'avancer. J'arrivais sur le palier, quand je crus apercevoir, dans ce qui était une chambre, quelqu'un ou quelque chose bouger. Je n'étais pas sûr, car je commençais à voir flou. Soudain un souffle glacial éteignit mon chandelier. Toute la maison fut plongée dans une obscurité totale. Ce qui se passa ensuite fut terrifiant. J'aperçus, dans la chambre, un enfant, assis tout droit sur un tabouret. Son teint était livide, ses mains semblaient transparentes, alors qu’il tournait lentement les pages d’un album.

Une vieille lampe l'éclairait. L'enfant était en train de lire une bande-dessinée dont les pages étaient à moitié déchirées, quand, tout d'un coup, ses yeux se détachèrent du livre pour me fixer de son regard perçant et il me murmura :

«  Sors de chez moi, vite, s'il te plait ! ».

Je continuais à le fixer, terrifié, lorsqu’il cria soudainement d'une voix rauque qui n'était plus la sienne :

« VA-T'EN ET NE REVIENS JAMAIS !!! »

Quand il finit de prononcer ces paroles, mon cœur s'emballa dans ma poitrine et me fit très mal. Je restai pétrifié ! Mais, reprenant un peu mes esprits, et soudain pris de panique par ce que je voyais et entendais, je descendis les escaliers quatre à quatre. Cependant, à cause de ma blessure, je glissai, tombai, dévalai tout l’escalier et m’écrasai en bas des marches, évanoui…

Quelques minutes plus tard, je repris lentement connaissance. La maison était redevenue silencieuse et sombre aussi, mon chandelier s’étant éteint dans ma chute. Je me relevai péniblement. Je me dis que j’avais dû avoir un malaise, une sorte d’hallucination en raison de mon épuisement. La pluie avait cessé au-dehors ; je n’avais plus qu’à rentrer chez moi et oublier cette horrible nuit. Mais, alors que je passais le seuil de cette maudite maison qui m’avait causé ce qui serait sûrement la peur de ma vie, je sentis quelque chose dans ma poche ; je glissai ma main à l’intérieur. Et en la ressortant, je vis avec horreur qu’il s'agissait du minuscule morceau de la page … d’une très vieille bande-dessinée…

Florian – 4ème A - 2017

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